Dans son ouvrage Philosophie de l’architecture, Formes, fonctions et significations, Ghislain Deslandes aborde la symbolique de l’architecture et des enjeux entre fonctionnalité de l’objet et symbolique de pouvoir. Ce sujet nous a semblé particulièrement intéressant car le métier de l’AMO et de la MOD est bien de réconcilier l’esthétique et la fonctionnalité au service de l’utilisateur.

L’architecture est-elle issue de la dialectique hégélienne ou est-elle volonté de puissance Nietzschéenne ?! Peut-on séparer la fonction de l’ouvrage d’art ? Une œuvre architecturale peut-elle être fonctionnelle ? Oui, car la conception d’un ouvrage part toujours d’un programme et donc d’une fonction. Aujourd’hui un client (maitre d’ouvrage) va tout d’abord remplir un besoin fonctionnel. C’est le cas depuis la nuit des temps d’ailleurs : Si on ramène cela aux 7 merveilles du monde par exemple, La pyramide de Khéops est une tombe (Bon d’accord une sacrée tombe ! 😊) Le mausolée pareil, le Phare d’Alexandrie … un phare Etc…. La fonctionnalité d’un ouvrage est essentielle !

Néanmoins l’homme voudra toujours sublimer le fonctionnel et trouver l’optimum entre l’œuvre d’art et l’ouvrage fonctionnel. C’est aujourd’hui ce que l’on demande aux équipes que ce soit en maître d’ouvrage ou en maîtrise d’œuvre : sublimer le fonctionnel.

Sublimer le musée comme a pu le faire Gehry avec la fondation Vuitton ou Lloyd Wright avec le Guggenheim,

Sublimer la tour de logement comme l’a fait Jeanne Gang à Chicago,

Sublimer le commerce comme a tenté (là on touche la limite entre fonctionnalité et ouvrage) de le faire Calatrava sur le WTC,

Sublimer la tour de bureau avec le One World Trade center (là on est en plus dans le geste symbolique fort),

Sublimer la régénération urbaine comme Valode & Pistre l’ont fait à Bordeaux avec Promenade Sainte-Catherine ou encore Reichen & Robert pour la Gare du sud à Nice,

Sublimer la mixité comme l’a fait Winnie Maas sur Markthal.

Oui l’ouvrage est fonctionnel mais, comme toute discipline travaillée par l’homme, l’innovation, le symbole et l’esthétisme jouent un rôle crucial. Une Swatch donne aussi bien l’heure qu’une Patek Philippe Une Dacia mène d’un point A à un point B comme une Ferrari (voire même plus confortablement 😊).

Mais je vais conclure avec Nietzche. L’art est l’activité ultime de l’homme, c’est l’art qui permet à l’homme de rester en éveil. Pour Nietzsche l’art est le plus grand stimulant de la vie. Je pense que l’architecture est un optimum entre fonctionnalité et esthétisme. Pour nous conducteurs de grands projets j’ajouterai une variable, qui est la variable économique. Le plus bel ouvrage d’art sera l’optimum entre fonctionnalité et esthétisme avec en ligne de mire un équilibre budgétaire car l’ouvrage doit répondre à une logique économique. Dernière variable, mais non des moindres et qui va être de plus en plus prépondérante : l’ouvrage devra être écologiquement responsable.

Julien di Pizzo

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